En préambule, bien que cela ne fasse pas partie de cette concertation : Il faut mettre en avant laréduction de la consommation d’énergie, dont l’électricité, est un impératif de la transition énergétique. Les sources et les lieux de productions devraient déjà être pensé pour s’adapter à cette variation à labaisse de cette consommation dans les années à venir, de même que le réseau à grande et petite échelle.

La décision récente d’EDF, lors de son conseil d’administration du 16 décembre 2020, d’envisager rapidement la construction de 4 nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR en France ne va, à notreavis, pas dans ce sens. L’un d’eux est d’ailleurs prévu sur le site du Bugey, très proche de notre région. Cela aura probablement des conséquences sur le réseau d’alimentation de l’Est de la France (et ce d’autant plus après la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim) dont une majorité des liaisons passeront par la Bourgogne Franche-Comté. Même s’il s’agit de lignes HT ou THT, elles alimenteront en partie les réseaux locaux. Cela ne sera pas sans conséquence sur les réseaux de proximité et même le S3REnR.

Envisager de tripler la production ENR dans notre région nous semble intéresssant et réaliste si cela s'accompagne d'une baisse forte de la consommation. Mais cela rsete en contradiction avec l'ajout d'une nouvelle production issue du nucléaire non renouvelable, dangereuse et sans solution pour les déchets.

La consultation pour la révision du S3REnR de BFC amène FNE Doubs-Territoire de Belfort à faire des remarques allant de la réserve aux questionnements. Nous nous louons de l’esprit de concertation qui est le bienvenu. Le Schéma élaboré et soumis en BFC est un schéma parmi les autres en France où il est un maillon dans une longue chaîne qui est aussi européenne. L’examen des acteurs, ayant des statuts juridiques de sociétés, nous laisse craindre que les grands axes de la politique énergétique seront, pour une part significative, ceux de grandes entités nationales et internationales et qu’ils prévaudront sur des objectifs plus respectueux des intérêts de la planète et des territoires. L’instabilité des statuts privés ou public des entités comme EDF, la puissance des intérêts privés peuvent dénaturer à la fois les objectifs et le respect des conditionnalités. Parmi les objectifs et les conditionnalités nous évoquons : le principe E.R.C., la recherche du zéro-phyto avec échéancier, une lutte draconienne contre les fragmentations et un respect des TVB et Trame noire, le respect des zones naturelles sensibles, la suppression du recours au SF6, préservation des sols, la pratique d’une transparence totale et en amont dans les phases concrètes. Nous mettons en garde contre un déploiement qui stimulerait un excès de recours au bois énergie et nous considérons que son utilisation comme source de production d’électricité ne doit pas être une option. Nous souhaitons qu’un suivi responsable et représentatif des réalisations du Schéma soit mis en place avec des moyens. Ce suivi doit aussi concerner les effets sur l’urbanisation. Nous sommes assez interrogatifs sur la gestion par numérisation (techniques et lieux d’implantation) et leurs conséquences (émission d’ondes électromagnétiques). Nous souhaitons donc une transparence totale en temps réel. De façon globale, il conviendra de mesurer comment ces raccordements auront contribué ou pas à la sobriété énergétique, ou s’ils auront seulement contribué à l’augmentation de la quantité d’énergie utilisée. Une mesure des pertes sur les lignes devra être communiquée en mesurant les effets de ce schéma. Une communication des projets inclus dans le déploiement de ce schéma doit être faite auprès de tous y compris auprès des associations environnementales.

Préconisations pour le S3REnR :

  • Appliquer le principe ERC (Eviter, Réduire, Compenser)
  • Raccourcir les distances entre lieu de production et lieu de consommation
  • Eviter absolument les traversées de zones naturelles protégées
  • Enterrer le plus possible de lignes, sauf s’il s’avérait, dans certaines situations, que cela soit plusnocifs pour l’environnement
  • Soutenir les "centrales villageoises", c'est-à-dire la production dans et par le village pour une consommation locale
  • Privilégier les installations de panneaux solaires sur des bâtis où le réseau existe déjà
  • Privilégier une production autonome pour les bâtiments isolés qui nécessitent un réseau disproportionné par rapport à une consommation faible

Quelques préconisations sur les futurs sites ENR dont l’implantation sera bien sûr déterminante pour le S3REnR :

  • Ne pas produire d’électricité à partir de biomasse bois qui en s’ajoutant au développement des chaudières bois détruiront les forêts doubiennes et autres, déjà mises à mal par le réchauffement climatique et les parasites dont les attaques sont facilitées par la fragilisation des arbres
  • Ne réaliser aucune installations au sol qui induise d’artificialiser de nouvelles surfaces.
  • Pour les sites d’implantation d’éoliennes éviter les passages de migrations des oiseaux et les lieux àfortes présences de chiroptères.

Autant que possible, ces nouvelles installations devront se faire avec des investissements locaux et drainer une économie de proximité, tout en permettant aux habitants de garder une maîtrise directe sur les sources d’énergie.

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