Communiqué de presse : le confinement et le monde de la chasse

La France est le pays européen où l’on chasse le plus grand nombre d’espèces, principalement pour le loisir. Or, il faut savoir que chez la plupart de nos voisins proches, la chasse est considérée comme une activité beaucoup plus professionnelle : en Allemagne par exemple, les chasseurs sont 4 fois moins nombreux qu’en France, le permis de chasse nécessite 2 ans de préparation et la précision des tirs est prise en compte dans l’épreuve finale (ce qui n’est pas le cas en France...). En Suisse, dans le canton de Genève où la chasse-loisir est bannie depuis presque 50 ans et où la biodiversité se porte très bien, seule une poignée de gardes assure une régulation très restreinte et ciblée sur certaines espèces, pourcompenser le manque de grands prédateurs.

Ce que l’État français demande aux chasseurs, avec ce nouveau confinement, c’est donc l’arrêt de la chasse loisir au profit d’une chasse de régulation. Une régulation notamment des sangliers, responsables selon les chiffres fournis par l’OFB de 80% des dégâts agricoles, mais aussi des chevreuils, dont la proportion de dégâts dépasse pourtant à peine les 2%, et les cerfs, accusés de dégâts sur les plantations forestières... Enfin, la « destruction » des espèces considérées comme « nuisibles » pour les activités humaines (renard, martre, fouine, corneille noire, corbeau freux...) est également possible...

Les représentants de chasseurs, partout en France, sont montés au créneau pour tenter de faire reconnaître l’utilité publique (et ils ont réussi) de nombreuses autres pratiques de chasses (chasse au lièvre, chasse aux canards, chasse au mouflon...), et obtenir des préfets des arrêtés les plus laxistes possibles... La chasse c’est d’abord et surtout la passion de tuer des animaux. La protection dela biodiversité, ou « l’écologie en action » (un slogan mis en avant par certaines Fédérations départementales), ça c’est du verdissement cynégétique pour faire passer leurs sinistres intérêts auprès des décideurs politiques, rien de plus !

Nous sommes contre une régulation par les fusils et demandons à ce que l’Etat privilégie autant que possible des solutions alternatives à la destruction : pratiques agricoles moins industrielles qui réintègrent un lien fort avec la nature, généralisation des mesures de protection des cultures, création de corridors écologiques pour favoriser le retour naturel des grands prédateurs. Le lobby de la chasse est toujours à l’œuvre pour négocier des dérogations,

Le monde d’avant est en train de se remettre en place, « chasser toujours plus et toujours plus longtemps ».

Le 11 novembre 2020

Gérard Groubatch, président de FNE 25-90

Téléphone : 06 60 83 76 65

Communiqué de presse concernant la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage du Territoire de Belfort (CDCFS90) du 04 novembre 2020 et les dérogations accordées aux chasseurs pour le maintien de la chasse pendant le re-confinement

Le constat est le suivant:

  1. Le lobby de la chasse est toujours à l’œuvre pour négocier des dérogations,
  2. la dérogation est accordée et sera diffusée dès jeudi soirou vendredi matin pour que les chasseurs soient à l’œuvre ce week-end. On peut déjà en conclure que le confinement n’est pas pour tout le monde et qu’il suffit d’avoir de bons lobbyistes.
  3. Le monde d’avant est en train de se remettre en place, «chasser toujours plus et toujours plus longtemps». En cette période de confinement où l’accès aux espaces naturels est interdit au-delà d’un kilomètre de la résidence, il est parfaitement injuste et discriminatoire que les chasseurs puissent poursuivre leur loisiralors que randonneurs, pêcheurs, naturalistes, contemplatifs et ramasseurs de champignons en sont privés.
  4. On se demande où se trouve « l’intérêt général » dans la destruction d’animaux,
  5. Autoriser l’agrainage par les chasseurs, n’est-ce pas entretenir la prolifération des sangliers ?
  6. Qu’elles sont les autres espèces susceptibles d’occasionner des dégâts ? cerfs, chevreuils, chamois, blaireaux, renards, fouine.....
  7. Le sanglier est chassé du 01 juin au 28 février et rien ne change, il y a toujours autant de sangliers dans la nature, voire plus d’année en année. Preuve que la chasse n’est pas un régulateur. Les chasseurs en tuent pourtant plus de mille par saison de chasse.
  8. Nous affirmons que les opérations de destructions d’animaux et de leurs habitats sont susceptibles de propager de nouveaux virus, (pangolins et coronavirus en Chine, visons au Danemark). Les animaux se déplacent en raison de la destruction de leurs habitats et ces pandémies sont apparues lorsque nous avons abattu les dernières barrières entre nous et les espèces sauvages.

En conclusion, FNE demande que l’on donne la priorité à la préservation de la biodiversité

Gérard Groubatch, président de FNE 25-90

Secrétaire de FNE BFC

Téléphone : 06 60 83 76 65

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