Carrière d’extraction de roches calcaires de « la Cude », à Baume les Dames

Lire la réponse de FNE 25-90 à l'enquête publique relative au projet de renouvellement et d’extension de la carrière de granulats calcaires GDFC située sur les communes de Bart, Dung et Présentevillers (25)

Carrière de granulats calcaires GDFC située sur les communes de Bart, Dung et Présentevillers

Lire la réponse de FNE 25-90 à l'enquête publique relative au projet de renouvellement avec extension de la carrière d’extraction de roches calcaires de « la Cude », à Baume les Dames (25)

Extension de la carrière d'Arcey

De par ses statuts, FNE 25-90 est compétente pour donner un avis sur ce projet d’extension de carrière.

La zone d’expansion comprend un certain nombre d’habitats d’intérêt communautaire : des pelouses calcicoles comme les mésobromions du Jura occidental et la pelouse médio-européenne semi sèche à Brachypodium ainsi que des fourrés médio-européens et une pelouse mésophile à brome, cette dernière ayant d’ailleurs été indirectement dégradée par sa proximité avec la piste descendant à la carrière.

Ces milieux présentent une importance notable pour plusieurs espèces protégées d’oiseaux (espèces protégées à l’échelle nationale par arrêté du 21 novembre 2009 ou à l’échelle européenne selon l’annexe 1 de la directive oiseaux de 2009). On peut citer entre autres la pie-grièche écorcheur (Lanius collurio), espèce désignée comme quasi-menacée par la liste rouge européenne et protégée au niveau national, ce qui interdit la dégradation de son habitat. Le faucon pèlerin et le hibou grand-duc, sont encore d’autres exemples d’espèces d’oiseaux protégées évoluant sur le territoire en question. Y sont également présentes trois espèces significatives de chauve-souris : la Barbastelle d’Europe (Barbastella barbastellus), le Grand murin (Myotis myotis) et le Noctule de Leisler (Nyctalus leisleri) ; toutes trois inscrites sur liste rouge au niveau national ou régional. La présence de toutes ces espèces protégées nécessite une dérogation pou r y engager un chantier d’aménagement en carrière.

Ainsi, la zone au centre du projet d’agrandissement présente une haute importance au niveau floristique mais aussi faunistique, ce qui exige l’engagement de mesures significatives afin d’éviter l’élimination définitive des populations concernées.

Pourtant, les réaménagements dont fait état l’étude d’impact restent minimes et ne pourront jamais avoir comme résultat de contrebalancer les effets de la destruction des milieux cités en amont. De fait, les travaux de remblaiement et autres réaménagements de l’ancienne parcelle et sa réinstallation réelle de la nature s’étendront sur une durée bien trop importante pour que les espèces animales menacées puissent la recoloniser. Il en résulte que les populations de certaines espèces propres aux milieux détruits seront éliminées de cet espace. D’autant plus que la zone à exploiter présente une superficie supérieure à la zone réaménagée. La zone prévue pour l’extension comprend également un milieu bien plus riche en biodiversité avec la présence des habitats d’intérêt communautaire cités plus haut, ce qui exige la mise en œuvre de compensations d’autant plus fortes.

N’oublions pas que la consommation d’eau va augmenter de façon importante avec l’ajout d’une telle superficie à celle de la carrière existante, surtout en ces temps d’augmentation des températures et des périodes de sécheresses.

D’autre part, alors que la distance séparant les nouveaux sites d’exploitation envisagés des habitations les plus proches est dite suffisamment importante pour éviter tout dérangement aux riverains, le rapport ne fait pas lieu du dérangement sonore, qui seront occasionné à la faune environnante.

Enfin, il convient de s’interroger sur la réelle nécessité d’un agrandissement de carrière étant donné la demande au niveau régional. Le besoin de substitution des matériaux calcaires aux alluvions dans les environs de Montbéliard et de Lure est invoqué comme principale justification d’un tel chantier. Or un rapport (http://carriere.semondans.blog.free.fr/public/lettre_adocs_prefet_26-08-2015_signe.pdf) publié par l’association ADOCS (Association Des Opposés à la Carrière de Semondans) le 26 août 2015 défait justement ces arguments, mettant au jour l’exagération de la demande liée à ce domaine.

On peut ainsi y lire :

« Ainsi, à l’horizon 2018, malgré l’absence des granulats alluvionnaires issus des 2 carrières de Lure et des capacités supplémentaires demandées dans le projet de Semondans, le besoin en granulats calcaires pour béton reste largement couvert par les capacités autorisées actuelles, les réserves autorisées assurant près de 20 ans de consommation.

L’arrêt probable des 2 carrières de granulats alluvionnaires de Lure n’engendre pas de besoin de capacités supplémentaires en roches calcaires massives dans l’arrondissement de Montbéliard : le projet SAS MAILLARD n’est pas justifié vis-à-vis du SDC du Doubs. »

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